Jamendo : ouvrez grand vos oreilles !
Ce n’est pas un secret, ici on aime bien la liberté. Bien sûr, elle recouvre beaucoup de domaines (liberté individuelle, professionnelle, d’expression, …) mais elle continue de s’étendre depuis des années dans le monde numérique pour le bien de tous ses utilisateurs. Après le phénomène quasi incontournable du logiciel libre, voici l’art qui se libère ! Fini, les histoires de DRM et de restrictions à la propriété du consommateur ! Fini, les histoires où des artistes sont mal rémunérés ou mis à la porte par les patrons de la musique ! Terminé la toute puissance de sociétés comme la SABAM dont on ne compte plus les affaires de détournements d’argent, alors qu’elles sont sensé protéger les revenus des artistes ! Terminé de payer à des prix exorbitants de la musique ! Révolue l’époque du « piratage » ! Le camp des ténors de l’industrie musical s’est durci et parce qu’ils veulent faire de l’art une vache à lait, des alternatives naissent et promettent beaucoup dans cette lutte pour préserver l’art en tant que tel. Un bel exemple avec Radio Head qui n’a pas prolongé de contrat avec un quelconque label et qui a vendu son dernier album par ses propres moyens. La musique libre s’est fait une place de choix et, outre le célèbre épisode In Rainbows de Radio Head, c’est Jamendo qui la présente aujourd’hui dans ses plus beaux apparats ! Issu dans la foulée et dans l’esprit de GNU/Linux, de Firefox, d’OpenOffice, de BitTorrent,… Jamendo est la première plate-forme mondiale de téléchargement de musique libre. Qui a dit que soutenir la liberté informatique et artistique était naze ? Découvrez avec nous un monde musical riche, varié de plus de 6000 albums et soutenu par une communauté de plus de 100 000 membres !
Jamendo est une plate-forme de téléchargements musicaux proposant une nouvelle forme de diffusion des artistes et de leurs œuvres grâce à l’adaptation des licences Creative Common à l’environnement numérique. C’est d’ailleurs la licence utilisée pour protéger ce blog (cf. les notes au fond du site). Déjà disponible dans 7 langues, le site à vu le jour en juin 2005 et s’impose déjà aujourd’hui comme la première plate-forme de téléchargement de musique libre au monde. Sur Jamendo, tout le monde s’y retrouve : les artistes comme les internautes. Qu’est-ce qui caractérise Jamendo et quelles sont les clés de son succès ? C’est ce que nous allons tenter d’analyser ensemble.
Jamendo est un espace avant tout convivial, joli et facile à prendre en main. On n’est même pas obligé de s’enregistrer pour écouter et pour télécharger de la musique. La navigation est très sympathique et au plus on passe de temps sur Jamendo, au plus on a envie de découvrir de nouvelles chansons. Et de la musique, il y en a pour tous les goûts et pour tout le monde, elle vient de partout puisque tous peuvent s’inscrire sur le site. Et puis sur Jamendo on peut écouter tous les titres en entier et, s’ils nous plaisent, on les télécharge ! Directement depuis le serveur, comme on téléchargerait n’importe quoi d’autre, mais aussi via des clients P2P comme bitTorrent ou eMule, selon l’envie et les facilités. Les sources sont nombreuses et le flux est impeccable. On voit la puissante d’un site lorsqu’il exploite comme le fait Jamendo les technologies de transferts qu’offre le web et particulièrement le peer-to-peer, injustement diabolisé1. Enfin, signalons que tous les titres sont disponibles en mp3, sans protection encombrante ou en ogg, un autre format libre très prisé par la communauté du logiciel libre.
L’avantage de Jamendo, pour un artiste, c’est qu’il lui permet de diffuser sa musique librement en autorisant la copie, en permettant ou non l’utilisation commerciale, en autorisant ou non les modifications et tout cela en gardant son copyright intact. Jamendo est une plate-forme non-exclusive. Si vous désirez y diffuser vos chansons, libre à vous de les diffuser ailleurs sous quelque forme que ce soit ! De plus, ce service est entièrement gratuit puisqu’il tire sa source de financement de ses bannières publicitaires qui, au passage, ne sont absolument pas intrusives ni dérangeantes. Enfin, on arrête la diffusion via Jamendo aussi facilement qu’on la commence : en quelques clics ! Ainsi, les artistes peuvent renforcer leur notoriété locale et profiter du potentiel mondial de Jamendo en toute liberté. De plus, ils disposent d’un espace administrable et peuvent accéder à des possibilités de rémunération directe. Ainsi, entre 90 et 100% des sommes données par les fans sont reversées aux artistes et 50% des revenus générés par la publicité est reversée aux artistes participants. C’est enfin de la musique propre ça, pas vrai ?
Sur Jamendo, c’est l’internaute qui est au cœur de la musique et de tout l’écosystème. Ainsi, il peut écouter et télécharger les chansons au fil de ses envies, mais une fois connecté à son compte, il peut en outre s’aménager son profil, recevoir une foule d’infos sur l’évolution et sur l’actualité musicale de Jamendo, il peut émettre des critiques, retrouver facilement des dates et des lieux de concerts… Rien de plus facile que de se laisser porter à la découverte de nouvelles musiques grâce aux tags, également employés sur ce blog (cf. juste en-dessous du titre de ce blog).
Jamendo semble n’avoir aucune limite lorsqu’on commence à s’y promener, et les téléchargements suivent à un débit maximum selon la méthode de votre choix (cf. supra) et c’est vraiment très agréable pour directement emporter vos découvertes sur votre baladeur ou sur votre clé USB pour l’écouter partout et pour les faire découvrir à vos amis. Tout en toute légalité, sans souci. Sur Jamendo, l’internaute est d’office un diffuseur artistique grâce à la technologie peer to peer, mais il peut aussi s’investir plus suivant ses goûts et ses découvertes en créant ses propres playlists et en publiant ses préférences ainsi qu’en publiant sur n’importe quel espace public ses impressions. Les artistes l’autorisent et on ne va pas s’en priver, c’est tout bénéfice pour les deux parties.
Et malgré la gratuité des œuvres qui circulent sur Jamendo, la pierre angulaire est la liberté intellectuelle qui y règne. Si les artistes préservent leur droit d’auteur, ils permettent néanmoins, suivant leurs projets, l’utilisation de leurs œuvres pour des dérivés commerciaux et surtout, ils permettent de créer un espace ou la créativité est illimitée et où elle n’est plus entravée par la propriété intellectuelle dans sa conception restrictive tellement chère au droit anglo-saxon. Libre aux jeunes artistes et aux moins jeunes aussi d’ailleurs d’aller s’inspirer de ce qui se fait autour d’eux pour créer quelque chose de nouveau. Et ces libertés fondamentales de diffusion, de partage et de créativité respectueuses des auteurs originaux redorent le blason des réseaux de peer to peer tellement détraqués par les géants de l’entertainment lucratif. Notons aussi que les dons des personnes qui souhaitent soutenir les artistes sont versés intégralement aux artistes et chacun peut devenir un véritable mécène. Ici, vous êtes un amateur de musique, et c’est très bien. L’image du consommateur est bannie, et son mauvais traitement aussi2. Tout ceci illustre à merveille la force de la philosophie du libre : une économie possible et viable qui s’éloigne de nos économies de marchés et qui prend enfin un caractère réellement humain.
Alors pour les amateurs des services de téléchargements musicaux en ligne comme iTunes Store ou MSN Music par exemple, songez à tester Jamendo, vous ne serez pas déçus. Si les superstars du star system n’y figurent pas, des milliers d’artistes de qualité n’attendent que vous pour les écouter librement et gratuitement, et ça, ça fait franchement du bien à la musique !
- BitTorrent ou encore Zattoo sont deux autres bons exemple du potentiel du Peer to peer [↩]
- Aujourd’hui, le consommateur est soupçonné dès l’achat d’être un pirate en puissance. On lui rappelle à souhait que copier un CD est du piratage, un terme fort chéri des businessmen. Il est traqué et surveillé par des outils techniques et juridiques soi-disant anti fraude (il suffit de taper DRM ou dadvsi pour voir ce que les internautes en pensent et ce que ça cache), et au final, vous ne pouvez même plus écouter vos chansons sur plus de trois ordinateurs différents ou dans votre auto. [↩]



Comment prouver qu’Aurélien est Wallon?
… ^^ =D
« dans votre auto. »
Bel article, en espérant que tu n’aies pas rédigé tout cela en période de blocus. Dommage que c’est si mal écrit… lol
« [liberté]…mais elle continue de s’étendre depuis des années »
« Les conditions de pensée que définit le verbe continuer sont celles d’un procès dont la durée est vue en partie révolue, on ne peut continuer qu’une activité déjà commencée et dont la poursuite est envisagée comme possible, on ne peut continuer qu’une activité qui n’a pas atteint son terme. C’est en conséquence dans le cadre d’un procès en cours d’existence que nous oblige à nous situer le verbe continuer, position à la faveur de laquelle la durée du procès considéré nous apparaît partagée en une partie déjà réalisée et une partie à réaliser. Ce qui explique le choix, offert à la pensée par la position occupée dans la durée du procès, de définir la continuation de celui-ci aussi bien par référence à la partie réalisée que par référence à la partie non encore réalisée. La nuance expressive obtenue, selon que se trouve retenue l’une ou l’autre préposition, n’est pas toujours aisée à décrire. Dans l’exemple Les réfugiés continuent à affluer, la préposition à semble privilégier la phase dynamique de l’affluence. Elle définit la continuation du procès par référence au flux ininterrompu des arrivants. La préposition de privilégierait la phase résultative du même procès en définissant la continuation par référence à la progression constante des arrivés. »
Perso, j’aurais mis « à ». A mon avantage, ce bout de grammaire me soutient.
Merci pour ces commentaires très intéressants Oscar !
merci Aurélien pour ce très bel article ! ;o)
Amélie
Jamendo