Les écriveurs sont de beaux parleurs
« Nous sommes remplis dʼidéaux qui nous écartèlent vers lʼinfini, qui nous divisent devant lʼirréalisable, qui nous découragent en face du néant. Qui peut se vanter de réaliser le moindre idéal ? »
Ceux qui ont la force des mots et lʼécriture facile donnent lʼimpression de vivre à fond la vie, de sʼintéresser à mille choses et dʼen ressentir mille autres. Toutefois, il nʼen est rien. Ils vivent souvent dans la solitude, avec elle pour seule compagne. Cʼest elle qui hante leurs pas, rongés et acculés quʼils sont par eux-mêmes. Ils prennent alors le temps de poser les mots quʼil leur faut sur leurs réflexions, sur leur vie et sur des détails aussi insolites que futiles. Ils font le point, ils émettent des « SIpothèses », ils exagèrent les descriptions et se perdent dans les méandres de leurs innombrables digressions. Les écrivains sont trop enviés par leurs semblables — ceux-là mêmes qui se surprennent parfois à rêver de posséder ce don sacré, celui dʼécrire bien comme il faut, comme on aime le lire — alors quʼau fond dʼeux-mêmes ils soufrent de trop ruminer leurs phrases, leurs problèmes et leurs angoisses. Ils soufrent dʼêtre lâches et de ne pas oser vivre la vie à cent pour cent dans lʼinteraction avec les autres. Ils sont tout bonnement incapables de garder leurs grands questionnements pour eux-mêmes. En fait, ce que les écrivains semblent partager avec leurs mots est autant de moments de la vie quʼils nʼont pu, ou quʼils nʼont voulu partager avec quelquʼun dʼautre, par égoïsme ou par malheur. Et puis, cʼest bien connu, tous les écrivains géniaux sont autant dʼâmes torturées par la vie et par leur façon de la traverser.
Si jʼécris tout cela, cʼest quʼune leçon que jʼai bien tirée dans la vie me hante : on a beau écrire de belles choses, bien trouvées, parfois sensées, de rares fois poétiques et poignantes, nos écrits nʼont de rapport avec nos actes que la plume qui a gratté le papier pour y déposer son encre.
« Les écriveurs sont de beaux parleurs. »




Ca y est ! je suis officiellement devenue ta fan number one !
A qd ton premier livre ?! :p
Ah enfin, mon grand talent est reconnu ! Un conseil, tu ne devrais pas être fan, car ce texte parle d’un fameux beau parleur… moi !
Soit, pour le livre, j’y travaille sans y travailler, quand l’envie me prends, mais ce n’est pas mon but premier.
Bienvenue sur mon blog et… file étudier !
On se revoit quand ?
Moi aussi je salue ces quelques mots.. pour m’y reconnaître un peu. Non pas dans la solitude, la frustration ni dans les thèmes relatifs au désespoir qui poussent à écrire, mais dans le fait de penser ce qui est écrit. À savoir que bien des personnalités complexes exacerbent en blog leurs pensées les plus personnelles, davantage dans le but secret d’y trouver le répondant qu’il leur manque dans la vie, que de partager des idées mûrement réfléchies. Bien évidemment, il ne faut pas généraliser
Très bon commentaire Zamac, je suis d’accord en ce sens que partager n’est pas exclusivement le but premier et que le répondant, comme le commentaire que vous venez d’émettre, est une grande motivation pour entretenir un blogue.