On m'a menti

Quoi de plus détestable que de réaliser qu’on vous a toujours menti et que toute votre vie, vous l’avez passée dans le faux, à côté de la plaque, hors-jeu ?

Aujourd’hui je mets les pieds dans le plat, je saute à pieds-joints et je rentre dans la course. Depuis toujours j’entends partout combien l’amour est beau, combien il est magnifique. On m’a menti, on m’a trompé. L’amour, c’est bien plus que ça ! On m’a dit qu’il ne durait pas, qu’il s’atténuait et qu’il changeait au fil du temps, or ce n’est pas vrai ! Il grandit, sans cesse, tantôt il s’apprivoise et tantôt il brûle, on ne peut plus le tenir dans ses mains ! On croit le contrôler, mais il se joue de nos vie comme un dieu le ferait dans l’imagination des hommes d’antan.

Si la passion enflamme, si la nouveauté rend fou, c’est que je trouve qu’on glorifie trop la nouveauté et l’excitation. La société du changement et du progrès, du nouveau et de la possession. Pourtant, l’habitude est agréable et la confiance est plus forte que le reste. On pleure sur la monotonie et ça rend les gens maussade. Rien n’est jamais pareil, les objets s’usent, les hommes amassent de l’expérience et tendent vers autre chose, toujours.

On explose d’impatience et de joie devant un objet tout neuf et on oublie bien souvent la nostalgie et la douceur qui s’emparera de notre cœur devant un vieil objet que l’on regardera, quelques années plus tard, parce qu’on l’aura tant chéri. En amour, c’est pareil. Au début, on passe une commande et on croise les doigts pour ne pas se faire entuber, pour ne pas tomber sur le défaut de fabrication, pour avoir fait le bon choix. Puis la boîte arrive, vous signez sans réfléchir et vous déchirez les parois de carton, vous arrachez les papiers d’emballage, vous ne prenez pas la peine de lire les indications — d’ailleurs le mode d’emploi vous ne l’avez jamais lu et aujourd’hui il est introuvable. Alors vous entrez en transe, dans un état second, quelque chose de nouveau est entré dans votre vie : un ordinateur, une cuisine équipée, une voiture, une maison, une première paie, une femme, un bébé. C’est incroyable ce que ça change, et puis bien vite on s’en accommode, il en faut toujours plus, toujours plus neuf, toujours mieux. Alors on a l’impression qu’on n’est pas satisfait de ce qu’on a, que c’est impossible. Alors fleurissent les discours fatalistes, j’étais de ceux-là qui en prêchent à tout va. Pourtant, quand on regarde sa maison ou sa télé, on se dit qu’on a de la chance d’avoir tout ça.

Lettre à ma douce

Oh mon amour tu sais quoi ? J’ai beaucoup de chance de t’avoir toi. Ils m’ont tous menti. Plus le temps passe et plus c’est parfait. Chacun de tes regards me font faire mille cabrioles dans les airs d’un monde imaginaire, à chaque fois que je te regarde je m’extasie, à chaque fois je ne peux me retenir de te répéter ces inlassables compliments. Une fille géniale, la femme parfaite, voilà ce que tu es. Belle, charmante, souriante, intelligente, clairvoyante, amusante, joyeuse et la volonté de réussir ta vie, de bien la vivre et à 100 % dans le fond de ton cœur, je t’admire tellement. Alors je me dis que je suis une belle andouille d’avoir écouté les autres, d’y avoir presque cru. Je me suis mis hors-jeu, sur la touche pour un moment mais ça va changer. La vie, on va la cueillir, comme des dieux, comme des amants à qui rien n’est impossible, parce que rien ne nous est impossible, parce qu’on a la vie devant nous et qu’on a l’insouciance. Parce qu’on s’aime, voilà tout, encore plus chaque jour depuis plus de 2 ans. La vie réserve pas mal de leçons et puis, comme on se l’est déjà dit quelques fois, il n’y a pas d’autres mots pour ça. Même si on sait au fond de nous qu’ils ne suffiront jamais, je les dis, les redis et les redirai encore : Delphine, je t’aime.

Ton monsieur pas parfait, pour ne pas dire ta grosse patate.

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